Le syndrome d'Icare : une réalité peu soupçonnée...
Il y a des entrepreneurs qui foncent tête baissée, animés par une énergie débordante, une vision à toute épreuve et une ambition capable de déplacer des montagnes parfois avec succès... Je crois hélas faire partie de cette catégorie socio-professionnelle dans les bons comme les mauvais aspects et j’ai rencontrés pas mal d’autres personnes dans ce cas. C’est pour cela que nous en parlons aujourd’hui.
Mais d’autres fois, cette ascension fulgurante vire au crash d’un Boeing Airliner flambant neuf…
Bienvenue dans le monde du syndrome d’Icare, ce piège psychologique où l’excès de passion devient une menace pour son entreprise (et pour soi).
Petit rappel mythologique (promis, ce sera rapide 😅 : instant culturel sponsorisé par Wikipedia) :
Icare, c’est ce jeune homme qui, équipé d’ailes en cire, s’est cru invincible et a voulu toucher le soleil. Mauvaise idée : la cire a fondu, et Icare a fini par plonger droit dans l’océan. Paf pastèque…
Dans le monde entrepreneurial, c’est la même chose : vouloir aller trop vite, trop haut, sans écouter les signaux d’alerte, peut mener à une belle gamelle.
Les symptômes du syndrome d’Icare chez les entrepreneurs :
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs des points suivants, il est peut-être temps de baisser votre altitude (et votre attitude, je dis ça je ne dis rien) :
- Une énergie inépuisable… en apparence : vous carburez à l’adrénaline, enchaînez les journées à rallonge et repoussez les limites du raisonnable. Résultat ? Un risque de burn-out à l’horizon.
- Un optimisme déconnecté de la réalité : vous vous persuadez que tout va marcher parce que vous en avez décidé ainsi. Attention, la confiance est une force, mais le déni est un danger. La méthode “Que” est positive si elle n’est pas source d’aveuglement.
- Le syndrome du super-héros : vous voulez tout gérer seul(e), parce que « personne ne fera aussi bien que vous ». Spoiler Alert : c’est faux.
- Une quête de reconnaissance excessive : vous cherchez à impressionner à tout prix, quitte à prendre des risques inconsidérés (investissements démesurés, décisions précipitées…).
- L’incapacité à lever le pied : même en vacances, vous checkez vos mails, peaufinez votre pitch ou brainstormez sur le prochain pivot stratégique.
Tout ça ne serait pas si pire, si ça ne concernait que vous et pas l’équipe qui est derrière vous…
Les risques concrets pour l’entreprise :
Si l’ambition est le carburant de la réussite, l’excès d’ambition peut aussi être un frein (voire un mur en béton armé vers lequel on se dirige à pleine vitesse). Parmi les dangers du syndrome d’Icare, on retrouve :
- Des décisions impulsives : en visant trop haut, trop vite, on peut brûler du cash, prendre des décisions précipitées ou foncer tête baissée dans un marché qui n’existe pas.
- Une équipe démotivée : un leader qui surchauffe entraîne souvent son équipe avec lui… jusqu’à l’épuisement.
- Une santé en péril : fatigue chronique, stress, troubles du sommeil… Un entrepreneur qui s’épuise, c’est une entreprise qui vacille.
- Un manque de recul stratégique : à force de foncer, on oublie d’analyser. Et une entreprise qui ne prend pas le temps de réfléchir à son cap finit par se perdre.

Comment éviter de se crasher (comme une grosse M….) ?
Bonne nouvelle : il est possible de canaliser son ambition sans finir comme Icare. Le réaliser et en parler c’est déjà une grosse étape car l’isolement dans les décisions n’a rien de bon (Instant sponsorisé par nemopoint.com 😘)
✅ Savoir dire stop : l’entrepreneuriat est un marathon, pas un sprint. S’octroyer des pauses n’est pas une perte de temps, c’est une nécessité.
✅ S’entourer intelligemment : mentors, associés, collaborateurs… Savoir déléguer, c’est savoir durer. Selon moi c’est même le point le plus important. On parle trop souvent de la solitude du dirigeant(e) : “personne ne peut me comprendre”. Alors que dans les faits, désolé de vous l’annoncer mais d’autres ont déjà vécu la situations et d’autres la vivrons après vous… Vous n’inventez pas la roue, vous la faites rouler c’est tout… Personnellement j’apprécie et conseil tout particulièrement les échanges avec d’ancien(ne)s entrepreneurs (rarement à la retraire d’ailleurs même à 70 ans : il faut croire que c’est une drogue).
✅ Garder un pied dans la réalité : un projet a besoin de passion, mais aussi de pragmatisme (tests, feedbacks, pivots si besoin).
✅ Écouter son corps et son mental : fatigue, irritabilité, perte de motivation ? Ce sont des signaux à ne pas ignorer. Faire du sport ne veut pas dire dépassement ultime de soi faire du Crossfit 4 fois par semaines et s’inscrire à des Ultimate et autres IronMan pour véhiculer l’image forte de l’entrepreneur sur Instagram (Fake Newsss comme dirait l’autre). Le corps est le véhicule de l’esprit. Comme tout véhicule il s’entretient et se sort ce qui ne consiste pas forcément faire des pointes de vitesse sur circuit.
✅ Ne pas se définir uniquement par son business : une boîte, c’est important. Mais vous êtes plus que votre entreprise. Et pour le coup beaucoup de dirigeants que je rencontre, et j’ai été dans ce cas, sont en symbiose avec leur entreprise. Symbiose souvent anthropophage au point que l’un et l’autre ne se distingue plus : il faut que la boite fonctionne et puisse perdurer sans vous et inversement que vous ne soyez plus victime de ses états de santé : c’est la clé.
Conclusion : voler et viser les étoile, oui, mais avec un parachute (ceintures et bretelles) :
L’ambition, c’est beau. C’est ce qui fait décoller les plus belles réussites. Mais une ascension mal maîtrisée peut mener à une chute brutale. Alors, fixez-vous des objectifs élevés, mais réalistes, et surtout : prenez soin de votre énergie.
Parce qu’un entrepreneur en pleine forme, c’est une entreprise qui a toutes les chances de durer et d’emmener ses équipes là où il en rêve…
Nous connaissons bien le sujet à nemopoint : faites-nous signe si vous avez besoin de ceintures et bretelles 😉









